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Septembre 2010 0432010 059

 

Mon atelier de peinture

 

K.ROLYNE

18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 09:29

gas-edward-hopper

Une chose est sûre, c’est que j’étais bien contente d’avoir déjà mon billet en main lorsque je me suis rendue au Grand Palais en ce jeudi de nocturne. Parce que Hopper se fait drôlement désirer, avant et pendant cette exposition.

 

Et oui. Il faut savoir que Hopper n’a peint qu’une centaine de toiles. Le Vermeer US en somme. Il faut donc meubler un peu cette vaste rétrospective. C’est pourquoi nous avons la chance de pouvoir découvrir les œuvres de son maître, de ses copains de l’Ash Can School et de ses références françaises, car il a séjourné plusieurs fois en France, pays dont il s’est aussitôt épris. Ainsi, l’expo s’ouvre sur une toile de Pissaro, des toiles de Degas, de Félix Valloton, d’Albert Marquet (splendide) et de Robert Henri (sublime portrait de Jo, la future madame Hopper, qui m’a naturellement donné envie de peindre un autoportrait en pied. Je me suis calmée depuis).

Robert Henri - The Art Student (Miss Josephine Nivison)

Bref, avec les débuts de Hopper né en 1882, on baigne en pleine fin de l’impressionnisme. Et on sait quelle importance les américains ont joué dans la reconnaissance de ce mouvement.

 

On voit la palette d’Hopper s’éclaircir tandis qu’il peint les bords de Seine, l’escalier de son immeuble parisien, le Louvre. Elles sont très chouettes ses toiles de cette période parisienne. Déjà la lumière typique de Hopper s'annonce. Pourtant, sa peinture ne rencontre aucun succès. Alors pour survivre, il fait des illustrations (très chouettes aussi), croque de la vie parisienne, ses terrasses de café, ses boulevards. Il se plaint de cette activité alimentaire. En attendant il affûte son œil en saisissant sur le vif les attitudes de ses congénères, illustre les couvertures du Morse Dial, le magasine d’un chantier naval new-yorkais.

 

Puis un beau jour, il lui prend l’envie de graver. Comme ça. Alors il grave. Et ses gravures aussi elles sont chouettes. Et là, un autre beau jour, c’est le déclic. Grâce à la gravure, sa peinture se cristallise (c’est lui qui le dit mais ne me demandez pas comment). Et son talent est reconnu. Brusquement.

Hopper-TheLonelyHouse-GravureNY1922

C'est-à-dire qu'à partir de ce moment-là, sa peinture devient plus psychologique, voir Psycho tout court, hahahahhaaaahhhhhhhaaaaaa (rire démoniaque). Il inspire le cinéma d’Hitchcock avec ses toiles d’étranges maisons américaines vides, perdues dans l’immensité d’un pays gigantesque. Flippant.

 Hopper-House-by-the-Rairoad

Sa peinture devient aussi plus mélancolique, plus dépressive, plus isolée. Il fixe la lumière, toujours comme Vermeer, lorsqu’elle tombe des fenêtres des appartements de New-York. La ville est vide. Les immeubles sont vides. On se sent un peu seul face à ces buildings et ces crépuscules inquiétants.

edward-hopper-grand-palais-L-A8xE7E

Ses amis de l’Ash Can School et ses professeurs le décrivaient comme quelqu’un de timide, renfermé, introverti. Un géant de près de deux mètres, silencieux et discret. Ses toiles lui ressemblent. Silencieuses, discrètes, emplies d’une vie intérieure qu’on devine intense et obsédante. Ses personnages sont rarement dans l’action. Toujours dans l’attente et la contemplation. En introspection. Dans l’attente de la vie.

hopper.hotel-room

Ils sont bien souvent représentés dans des lieux de vide : hall d’hôtel, fenêtre perdue d’un immeuble, chambre d’hôtel, salle de théâtre vide (avant ou après la représentation), pas de porte, bureaux aux heures tardives. Des lieux de transition. On n’y est pas pour rester. 

hopper esso

Que penser ? Que comprendre de ce temps qui se fige ? Rien. Absolument rien. Et c’est Hopper lui-même qui le dit. Il n’y a rien à interpréter, surtout pas. Rien à comprendre. Okay.

 

Moi vers la fin, ben je me suis un peu ennuyée devant sa peinture dans laquelle il ne se passe rien. Autant j’ai vraiment beaucoup aimé les premières salles avec les toiles, gravures et aquarelles des premières années, autant les tableaux de pièces vides de la fin de sa vie m’ont fait moins d’effet. Même si c'est vrai, la lumière y est épatante.

 

Nan mais faut pas se prendre la tête avec Hopper, faut juste regarder. Y a rien à comprendre. Même si ça en a pas l’air.

 

Bibiz à tous les motels isolés qui font peurrrrrrrrrr.

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Cher lecteur, voici plus de quinze ans que je peins. Cette passion trouve par ce blog un moyen d'exposition adapté à mon rythme de création et à ma vie très active. J'ai fréquenté de nombreux ateliers, fait de superbes rencontres et appris auprès d'artistes reconnus. Les tableaux, croquis et dessins présentés dans mes albums couvrent ces quinze dernières années. Je vous présenterai celles à venir par mes articles. Bonne visite dans mon atelier.

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