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Septembre 2010 0432010 059

 

Mon atelier de peinture

 

K.ROLYNE

30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 10:59

J'ai eu le temps de profiter de la dernière nocturne de l'année 2011 du Musée Marmottan pour voir l'exposition consacrée à Henri-Edmond Cross et le néo-impressionnisme, de Seurat à Matisse.

 

Le néo-impressionnisme est la période qui couvre le pointillisme et les débuts du fauvisme. J'aime ces deux courants picturaux, je ne pouvais donc qu'aimer la peinture de M. Cross. Je vais donc vous raconter, étape par étape quelles furent mes émotions durant cette exposition. Tout commence très sagement par les premières toiles du jeune artiste Cross, c'est beau, on admire déjà le coup de pinceau, c'est très classique. J'ai beaucoup aimé cette toile très fournie "Le jardin de Monaco". C'est un remarquable jeu de lumière sur les roses et les citrons, on en sentirait presque les parfums. Mais, mais, mais, cette peinture a quelque chose de l'illustration. C'est beau, mais ce n'est pas bouleversant.

 

Cross -Jardin de Monaco 

Ensuite, on tangue vers des toiles de Seurat et Signac, les artistes scientifiques, qui ont décomposé la couleur. C'est le pointillisme ou le divisionnisme. On voit Henri-Edmond Cross faire lui aussi du pointillisme sous leur influence. C'est joli le pointillisme, même si ça fait un peu mal aux yeux si on regarde de trop près les tableaux. C'est innovant, l'artiste risque quelque chose qui sort du lot. M. Cross peint dans le pur style pointilliste les calanques des antibois. Bon, c'est bien, mais ce n'est toujours pas bouleversant.

 

Cross Calanques des antibois

 

J'ai ensuite admiré cette belle marine de Van Rysselbergue "L'escaut en amont d'Anvers". C'est du beau pointillisme, avec des bons contrastes bien comme il faut. C'est calme, reposant.

 

van rysselberghe-L'Escaut en amont d'Anvers

Ensuite, je me suis retournée pour m'approcher des prochaines toiles, et là, j'ai eu un choc sublime devant les toiles "Le lac du Bois de Boulogne", "les Chèvres", et toutes les autres qui ont suivi de M. Cross. Je suis restée subjuguée devant ces toiles, leurs couleurs et l'agencement des touches. A cet instant, l'exposition se concentre vraiment sur la peinture de M. Cross qui prend une toute autre tournure et on découvre vraiment quel artiste il était. Et là, c'est bouleversant.

 

promenade bois boulogne hi

 

Ses couleurs sont absolument incroyables, le jeu des contrastes les rendent tellement vives, que lorsqu'on se retourne pour regarder à nouveau celles de Seurat ou Signac, on ne peut que les trouver tristounettes en comparaison.

 

La touche s'est épaissie, on est passé du point au carré. Il y a plus d'épaisseur, plus de joie de vivre, plus de lumière, de contraste. ça ne fait plus du tout mal aux yeux. Bref, c'est exactement la peinture que j'aime, exactement celle qui me fait du bonheur au coeur et aux yeux. Les photos des reproductions sont nullissimes. Les couleurs sont bien plus intenses que ça. C'est toujours décevant les reproductions. Alors il faut faire un effort et retrouver le souvenir que l'on a de la toile.

 

Cross mer clapotante

 

Regardez à nouveau le jardin de Monaco et comparez-le avec les toiles de la seconde moitié de l'exposition. On a du mal à croire qu'il s'agisse du même artiste. ça n'a plus rien à voir. Les calanques, la mer, les arbres qui se découpent dans le ciel, les thèmes du sud de la France offrent une palette de couleurs incroyables. On plonge dedans.

 

L'autre découverte de l'exposition ce sont les aquarelles de M. Cross. Elles sont divines. On retrouve les couleurs et le geste qu'il utilise pour ses huiles. C'est une merveille. Quand je pense à toutes mes aquarelles fadasses, sans constraste, je me sens une toute petite débutante de rien du tout, une ignorante des possibilités de l'aquarelle.

 

Cross Saint clair

   

M. Cross découvre tardivement le nu et l'intègre dans ses tableaux. Il fait plusieurs études très colorées, et recompose sa toile comme il l'entend. La réalité n'a plus d'importance. La transcription du réel s'arrête avec l'impressionisme.

 

Ensuite, M. Cross croise Manguin, Camoin et Matisse, qui eux-même croiseront Derain et libéreront toutes leurs couleurs pour donner naissance au fauvisme où seule la couleur compte, la touche retrouve de l'aplat, on s'éloigne du pointillisme et des touches décomposées. C'est la fin du divisionnisme et M. Cross a fait le lien entre les deux.

 

Reste la couleur comme une passerelle entre ces mouvements.

 

Bibiz à toutes les complémentaires.

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Cher lecteur, voici plus de quinze ans que je peins. Cette passion trouve par ce blog un moyen d'exposition adapté à mon rythme de création et à ma vie très active. J'ai fréquenté de nombreux ateliers, fait de superbes rencontres et appris auprès d'artistes reconnus. Les tableaux, croquis et dessins présentés dans mes albums couvrent ces quinze dernières années. Je vous présenterai celles à venir par mes articles. Bonne visite dans mon atelier.

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