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Septembre 2010 0432010 059

 

Mon atelier de peinture

 

K.ROLYNE

13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 13:40

Hello tout le monde,

 

Après mon récit haletant sur les attaques de termites dont ont été victimes mes oeuvres, j'en viens à évoquer ici mon deuxième ennemie, celui qui m'a causé le plus de chagrin et m'a mise dans une colère noire ruinant ma confiance en mes camarades d'atelier durant quelques années : le voleur.

 

Lorsque je dis voleur, je ne parle pas du copieur, ni même du voleur d'idée. Une fois une élève a copié une de mes toiles et j'en ai été très flattée et très fière.

 

Non, je parle du vrai voleur de toile, de celui qui s'empare physiquement d'une oeuvre. Eh, oui, j'ai été volée d'une de mes oeuvres. Avec le recul, je parviens à en tirer une certaine fierté, mais sur le moment, je n'étais que colère et indignation.

 

C'était à mes tous débuts en peinture, j'avais 21 ans, 1 an et demi d'apprentissage de la peinture à l'huile et trois ou quatre toiles à mon actif. Comme je débutais, chaque tableau était important à mes yeux. Je choisissais mon sujet en fonction de la destination du tableau qui avait déjà sa place dans ma tête et chez moi. Je fréquentais alors l'atelier de l'Abbaye, un centre culturel CROUS situé à Saint Germain des Près, qui a aujourd'hui fermé ses portes.

 

C'était une toile de petit format, représentant une femme africaine entrant dans une maison, sur le seuil de sa porte, en équilibre sur un pied. En voyant cette photo dans un catalogue (FNAC pour ne pas le citer), j'avais immédiatement trouvé l'attitude du sujet intéressante, le mouvement et les plis de son vêtement étaient beaux et le mur d'une couleur orangé me plaisait.

 

J'ai travaillé le mur au couteau et en quelques semaines, le tableau était achevé. J'étais contente de moi, le résultat me satisfaisait, j'avais travaillé rapidement. Il ne me restait plus qu'à terminer le pied du personnage et à le signer, ce que je n'ai pas eu le temps de faire.

 

Je suis partie en vacances. Et lorsque je suis revenue, mon tableau avait disparu.

 

Désespérée, je l'ai cherché dans tout l'atelier ainsi que dans toutes les autres pièces du centre. Il n'était nul part. Je suis même rentrée chez moi afin de vérifier si par un hasard impossible, la toile ne pouvait s'y trouver. Je le savais bien que je ne l'y trouverais pas. Mes larmes coulaient et je sentais la colère monter en moi à grande vitesse.

 

Je suis tout de même retournée à l'atelier pour vérifier une dernière fois. Non, il n'était nul part. Ahurie, je me suis assise sur une chaise, c'était incompréhensible que mon tableau ait pu disparaître ainsi.

 

C'est alors qu'une de mes camarades d'atelier, celle qui se mettait toujours à côté de moi, celle qui ne faisait rien pendant deux heures sauf à me regarder peindre avec admiration, celle qui trouvait toujours mes toiles et dessins réussis, celle dont j'avais croisé le regard anxieux en arrivant ce jour-là, celle qui en réalité guettait mon arrivée, s'est exclamée "Si tu ne le trouves pas, c'est qu'on te l'a volé !". Elle a prononcé cette phrase avec la certitude de la personne qui est bien placée pour savoir de quoi il s'agit.

 

Mais surtout, elle était la seule à s'inquiéter encore de mes recherches et à m'observer depuis sa place. Tous mes autres camarades, bien que navrés pour moi, s'en étaient retournés à leurs travaux. Elle, elle continuait à me regarder chercher, sans rien faire d'autre.

 

J'ai immédiatement compris que c'était elle qui m'avait dérobé mon tableau, une petite toile qui une fois sèche était si facile à glisser dans un sac. Mais je n'ai jamais pu l'établir.

 

Une fois admise l'hypothèse du vol, qui a abasourdi tout le monde, il a fallu se demander qui avait bien pu faire ça...

 

En réfléchissant avec la prof, qui s'appelait Catherine, nous en sommes arrivés à la conclusion que le vol ne pouvait avoir été perpétré que par un des élèves, car la salle était toujours fermée à clé en dehors des cours. Génial ! Le voleur était donc parmi les personnes qui me connaissaient et peignaient avec moi depuis un an ! Cela ne faisait que confirmer mes doutes sans pour autant les prouver. Mais je pouvais aussi me tromper, et alors tout le monde devenait suspect. Imaginez l'ambiance qui régna ensuite dans cet atelier...

 

Je me suis sentie trahie et impuissante à prouver mon intuition sur l'identité du voleur, ou plutôt devrais-je dire de la voleuse. J'ai bien tenté de faire revenir mon tableau en écrivant un mot priant la voleuse de bien vouloir me rendre ce qu'elle m'avait pris. J'espérais un peu de pitié. Il n'en a rien été.

 

A compter de ce jour, il m'a été très difficile de laisser mes oeuvres en atelier. Après chaque séance, je remballais toutes mes affaires et ramenais chez moi mes toiles, tant pis si elles n'étaient pas sèches, je n'avais plus confiance en personne, et encore moins en ces personnes gluantes qui admiraient mon travail. J'ai également décidé de peindre des grands formats beaucoup plus difficiles à dérober. Je n'ai plus jamais été volée, mais cette expérience m'a laissée un goût amer durant de longs mois. Je vous dirais qu'aujourd'hui encore lorsque j'expose, j'ai toujours l'angoisse de voir l'un de mes tableaux disparaître, surtout les petits formats.

 

Pour me consoler définitivement de cette perte, j'ai repeint le tableau disparu dans les jours suivant le vol. J'y ai passé une nuit entière. Tant que je ne l'avais pas fini, je ne pouvais aller dormir. Je suis incapable de dire si cette deuxième toile est plus réussie que la première, mais elle est parvenue à me faire oublier mon chagrin. Je me suis empressée de signer ma toile, puisque je n'avais pas eu le plaisir de signer la première. C'est à cette époque que je me suis baptisée K. Rolyne. Je crois même que c'est la première toile que j'ai signée ainsi.

 

Beauté volée

 

J'ai ensuite quitté l'atelier, gardant mes suspicions pour moi. Je n'y suis plus jamais retournée.

 

Ce deuxième tableau s'appelle "Beauté volée" non pas en raison du sujet, mais bien sûr pour l'histoire de son jumeaux.

 

Ce jour-là, pour me remonter le moral, d'autres artistes peintres présents au centre m'ont dit que je devrais plutôt me sentir fière d'avoir été volée. C'est la preuve indiscutable que ma peinture plaît. Sur le moment, j'avais bien sûr du mal à m'en convaincre.

 

Aujourd'hui j'ai plus de recul et oui, on peut voir les choses comme ça aussi. Ce tableau a eu beaucoup plus de succès qu'aucun de mes autres tableaux après lors.

 

Bibiz à tous les loosers qui jalousent les talentueux.

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Cher lecteur, voici plus de quinze ans que je peins. Cette passion trouve par ce blog un moyen d'exposition adapté à mon rythme de création et à ma vie très active. J'ai fréquenté de nombreux ateliers, fait de superbes rencontres et appris auprès d'artistes reconnus. Les tableaux, croquis et dessins présentés dans mes albums couvrent ces quinze dernières années. Je vous présenterai celles à venir par mes articles. Bonne visite dans mon atelier.

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