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Septembre 2010 0432010 059

 

Mon atelier de peinture

 

K.ROLYNE

1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 08:08

Me voici telle une pro de l'avant-première, agitant fièrement mon billet coupe file au nez du vigile du MAM. Je vous rassure, à ce stade, la file d'attente pour la visite de l'exposition "Van Dongen, Fauve, anarchiste et mondain" est inexistante... Et pour cause, l'expo n'est ouverte que depuis 6 jours ! C'est dire qu'il n'y a pas encore la bousculade, et franchement, c'est le pied ! J'adore !

 

On peut voir tous les tableaux, de près, de loin, on peut rester devant pendant longtemps, longtemps, examiner toutes les touches du Fauve, faire des Grrrrrr ! en retroussant les babines comme des tigres, et y a personne pour vous regarder de travers ou vous donner l'impression de gêner. On peut lire tous les petits panneaux, retracer l'histoire de l'art, se souvenir qu'en 1907 Picasso montrait "les demoiselles d'Avignon", date de la fin d'une époque et du renouveau de la peinture. On peut revenir en arrière, retrouver la touche de Signac dans celle de Van Dongen, se dire qu'il a eu du mal à se trouver et même se poser cinq minutes pour écouter du jazz, sans se faire emporter par un flot incessant de visiteurs qui vous marchent sur les pieds. 

 

Bon je dis ça, c'est valable pour le "maintenant", mais pour combien de temps encore ? Peut-être que dans un mois et demi ce ne sera plus pareil. Peut-être que cette exposition connaîtra le même engouement que celles de Monet ou Basquiat ? Je ne sais pas mais c'est ce que je lui souhaite.

 

Il y a des toiles dans cette exposition Van Dongen qui sont vraiment magnifiques. Les portraits essentiellement, les nus aussi sont très beaux. J'ai été très touchée par les portraits d'enfants et de mère, "La fille aux rubans" superbe, les portraits qu'il a faits de la compagne de Picasso, ceux des cabarets.

  Van Dongen - Fille aux rubans Van Dongen- Ma gosse et sa mère

Mais j'ai quand même trouvé l'ensemble de son oeuvre très inégal. C'est un peintre qui a mis du temps à s'installer dans sa propre peinture, malgré un talent idéniable. Ses premières toiles sont admirables. La recherche de soi en peinture, c'est quelque chose que je peux comprendre en tant qu'artiste, car on est toujours en évolution. Et le doute est toujours présent. C'est pour ça à mon avis que l'on retrouve chez lui un peu de Signac, un peu du Douanier Rousseau, un peu de Matisse, un peu de Toulouse-Lautrec, un peu de Klimt et un peu de Picasso. 

 

C'est un artiste qui aimait peindre les femmes, et sans doute pas que... Certaines poses sont très convenables et d'autres sont plus libérées. C'est tout l'art de savoir faire scandale.

 

Van Dongen - Femme au bas noir Van dongen

 

Il y a, c'est certain, une ligne directrice dans sa peinture, par l'utilisation du vert et du rouge. Il joue avec talent avec ces deux couleurs complémentaires, qu'il utilise toujours à bon escient, par petites touches, sur un contour, dans l'ombre de l'ovale d'un visage, sous une paupière et finalement c'est sa signature. La peau est très verte chez lui. Les contours sont très cernés, un noir charbon intense que viennent rehausser le vert et le rouge justement.

 

Au fur et à mesure de sa peinture, qui a souvent changé durant sa vie, il conservera ces deux couleurs. Elles sont parfois discrètes, cachées dans les ombres et contours. Parfois, elles sont en guest star sur la toile. Je suis restée admirative, détaillant avec soin la place de chaque couleur, les effets d'épaisseur, les traces du pinceau et le travail du caché-montré (je fais une couche d'une couleur, et puis je la recouvre, mais en laissant des petites zones de la première couche apparaître. C'est ce que j'appelle l'effet du caché-montré). 

 

J'ai moins aimé le peintre des années "mondaines", qu'il appelait sa "période cocktail". Limite chiant ces portraits en pied, souvent en vert, tout en longueur, comme s'il voulait se refaire une réputation auprès des people de l'époque, après avoir été anarchiste, bohème, sulfureux, dérangeant. Comme je disais, j'ai trouvé ça inégal, avec quelques pépites qui méritent leur succès auprès du public. En bref, une expo sympa, mais moins bouleversante que celle sur Basquiat.

 

Ah ! J'allais oublier la petite phrase du jour signée M. Kees Van Dongen "Vivre est le plus beau tableau. Le reste n'est que peinture". C'est beau nan ? Et tellement vrai... Il n'y a qu'un peintre pour dire ça. Et un autre pour l'approuver.

 

Bibiz à toutes les cocottes des années folles.

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commentaires

papa 02/04/2011 21:39



la vie est toujours une suite d'images qui ne sont pas une pipe mais un tableau !!  il devait aussi bien connaitre Magritte !! qui disait que la vie ne peut exister que sur toile !! 
bisous bisous bisous



k.rolyne 04/04/2011 09:37



Y sont trop fort ces artistes, philosophes en plus de ça ! Bibiz.



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Cher lecteur, voici plus de quinze ans que je peins. Cette passion trouve par ce blog un moyen d'exposition adapté à mon rythme de création et à ma vie très active. J'ai fréquenté de nombreux ateliers, fait de superbes rencontres et appris auprès d'artistes reconnus. Les tableaux, croquis et dessins présentés dans mes albums couvrent ces quinze dernières années. Je vous présenterai celles à venir par mes articles. Bonne visite dans mon atelier.

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